Moderniser un système bancaire sans couper le service : un défi au cœur de la transformation digitale
la modernisation des systèmes legacy sans interruption de service, dans un contexte de sécurité, conformité et dette technique.
Dans de nombreuses organisations, la transformation digitale ne passe pas uniquement par l’ajout de nouvelles fonctionnalités visibles pour les utilisateurs. Elle repose aussi, et surtout, sur un travail de fond souvent moins perceptible : faire évoluer des systèmes historiques devenus critiques, tout en garantissant leur stabilité, leur sécurité et leur capacité à intégrer les nouvelles exigences métier et réglementaires. C’est particulièrement vrai dans le secteur bancaire, où la moindre interruption de service n’est pas envisageable. Moderniser un SI ancien, remplacer des technologies obsolètes et absorber de nouveaux besoins métiers sans perturber les opérations quotidiennes constitue un enjeu stratégique majeur. C’est précisément le type de défi que l’équipe de Grenoble accompagne depuis plusieurs années aux côtés de Lombard Odier, banque privée basée à Genève. À travers ce projet, notre expert a contribué à une transformation au long cours, à la fois technique, organisationnelle et humaine, révélatrice des enjeux actuels du digital : travailler en mode collaboratif à distance, réduire la dette technique et construire des systèmes plus robustes et évolutifs.
Dans quel contexte s’inscrit ton projet ?
S : « Mon projet a démarré il y a 10 ans, lorsque notre client, la banque privée Lombard Odier basée à Genève, a souhaité créer une équipe de développement dans un nouveau centre nearshore à Grenoble. À l’époque, il s’agissait d’un véritable pari : mettre en place un plateau de développement en France afin d’allier compétitivité et optimisation des coûts par rapport à la Suisse.
Le premier projet consistait à développer une application dédiée à la gestion des frais périodiques des clients de la banque. Nous avons démarré avec une petite équipe de quatre développeurs à Grenoble, pilotée par un chef de projet basé à Genève. Au fil des années, les équipes se sont étoffées et les projets se sont multipliés.
Le mode de collaboration a lui aussi fortement évolué. D’un fonctionnement initial en forfait, nous sommes progressivement passés à une organisation beaucoup plus intégrée, dans laquelle les développeurs travaillent aujourd’hui comme de véritables membres des équipes projets du client, malgré la distance entre Grenoble et Genève. »
Quels sont les grands enjeux du projet ?
S : « L’un des principaux enjeux a été de construire une organisation efficace entre des équipes réparties sur deux sites. Il a fallu repenser entièrement les modes de collaboration pour maintenir une communication fluide et garantir l’avancement des projets.
Très tôt, des réunions à distance ont été mises en place pour l’ensemble des échanges : cérémonies agiles, ateliers techniques, formations fonctionnelles ou encore points de coordination. Une approche devenue courante aujourd’hui, mais qui représentait à l’époque un vrai changement dans les habitudes de travail, bien avant la généralisation du télétravail liée au COVID.
Sur le plan technique, une grande partie des projets porte sur la modernisation du système d’information de la banque. L’objectif est de remplacer des applications historiques construites sur des technologies devenues obsolètes par des solutions plus modernes, sécurisées et résilientes, capables d’intégrer rapidement les nouvelles réglementations bancaires.
Le principal défi de ces transformations est d’assurer une continuité de service totale pour les utilisateurs. Chaque migration doit être préparée avec précision, testée rigoureusement puis déployée sans interruption des opérations, dans un environnement où la fiabilité est essentielle. »
Quel est ton rôle sur ce projet ?
S : « Lorsque j’ai rejoint ce projet, j’occupais un poste de développeur junior, tout juste diplômé d’école d’ingénieur. J’ai eu la chance d’évoluer aux côtés de développeurs seniors expérimentés, ce qui m’a permis de monter rapidement en compétences, aussi bien sur les aspects techniques que sur les méthodes de travail en équipe.
Avec le temps, j’ai participé à différents projets pour le client, en développant progressivement une expertise à la fois technique et métier. Après 10 ans sur les projets de Lombard Odier, je suis aujourd’hui reconnu sur certains domaines fonctionnels et applicatifs, avec une réelle autonomie dans les décisions techniques prises avec le client.
Je contribue également à la montée en compétences des nouveaux arrivants à travers des formations dédiées et un accompagnement quotidien.
En parallèle, j’ai progressivement pris la responsabilité du plateau technique de Grenoble pour ce client. Mon rôle consiste notamment à coordonner une équipe de quatre développeurs, assurer le suivi des projets, recueillir les retours du client et faire le lien entre les équipes de Lombard Odier et agap2IT. »
Quels sont les résultats obtenus suite à ton intervention ?
S : « L’un des projets les plus marquants a été la réécriture complète du moteur comptable de la banque, avec le remplacement d’un environnement historique en COBOL et bases de données RDB par une architecture moderne basée sur Java et Oracle.
Cette transformation a permis de rendre le système comptable beaucoup plus maintenable, évolutif et sécurisé. Le client a également pu mettre hors service des serveurs fonctionnant sur des systèmes d’exploitation en fin de vie, réduisant ainsi les risques techniques et améliorant la fiabilité globale de son infrastructure.
Plus largement, de nombreuses applications historiques ont été modernisées ou décommissionnées grâce au travail mené collectivement depuis plus d’une décennie.
Ce projet m’a surtout sensibilisé à l’importance de la dette technique. C’est un sujet souvent peu visible, mais qui devient stratégique avec le temps. Les projets de migration sont rarement perceptibles pour les utilisateurs finaux, pourtant ils sont indispensables pour garantir la pérennité, la sécurité et la stabilité du système d’information. »
Qu’est-ce qui t’a motivé sur ce projet ?
S : « Au départ, ma motivation était surtout de découvrir le monde de l’entreprise, progresser techniquement et acquérir de solides méthodes de travail en équipe.
Avec les années, j’ai particulièrement apprécié la dimension long terme du projet. Cela permet de mesurer concrètement l’impact de son travail, de voir les projets évoluer dans le temps et de participer à des transformations de fond.
Comme dans toute mission longue, il y a eu certaines périodes plus exigeantes. agap2IT a su m’accompagner en me proposant de nouvelles perspectives, notamment à travers la gestion du plateau technique et des formations ciblées. Une formation Angular m’a par exemple permis d’élargir mes compétences vers le développement frontend, en complément de mon activité backend.
Aujourd’hui, ce que j’apprécie le plus, c’est l’expertise construite au fil des années et la confiance que cela apporte dans la gestion des nouveaux défis techniques et fonctionnels. »
Conclusion
Ce projet illustre bien un enjeu central du digital : réussir à moderniser un système critique sans rompre l’équilibre opérationnel. Derrière les évolutions technologiques, il y a aussi une logique de confiance, de rigueur et de collaboration sur le long terme. C’est précisément ce qui permet de transformer durablement un SI, tout en sécurisant la continuité de service et en préparant l’avenir.